La constipation pendant la grossesse est fréquente, parfois dès les premières semaines. Elle peut être gênante, douloureuse et donner l’impression que le transit « s’est arrêté », mais elle n’oblige ni à tout supporter ni à essayer au hasard des remèdes trouvés en ligne.
Plusieurs facteurs peuvent se combiner : changements hormonaux, diminution de la motricité intestinale, évolution du ventre, modification de l’alimentation, nausées, baisse de l’activité physique, hydratation insuffisante ou encore prise de certains médicaments et compléments, notamment le fer. L’Assurance Maladie considère d’ailleurs la constipation comme un trouble digestif courant pendant la grossesse. (Ameli)
Dans la majorité des situations, on commence par des mesures simples : augmenter progressivement les fibres, boire régulièrement, rester active lorsque la grossesse le permet et adopter de meilleures habitudes aux toilettes. Si cela ne suffit pas, certains laxatifs peuvent être utilisés pendant la grossesse, mais le choix dépend du produit et de la situation individuelle. L’automédication n’est donc pas une bonne stratégie.
Ce guide propose une démarche progressive et prudente. Il ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’une sage-femme ou d’un pharmacien. Une douleur abdominale importante ou inhabituelle, des vomissements, une fièvre, une impossibilité d’émettre des gaz, un saignement important ou des symptômes obstétricaux inhabituels ne doivent jamais être attribués automatiquement à une simple constipation. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Qu’appelle-t-on réellement constipation ?
Être constipée ne signifie pas nécessairement « ne pas aller à la selle tous les jours ». La fréquence normale varie considérablement d’une personne à l’autre.
On parle plutôt de constipation lorsqu’apparaissent un ou plusieurs éléments :
- des selles moins fréquentes que d’habitude ;
- des selles dures, sèches ou grumeleuses ;
- une difficulté à les évacuer ;
- des efforts importants ou prolongés ;
- une sensation de ne pas avoir complètement terminé ;
- parfois une gêne abdominale, des ballonnements ou une sensation de pesanteur.
Le NIDDK, organisme américain spécialisé dans les maladies digestives, décrit également la constipation par l’association de selles peu fréquentes, dures ou difficiles à évacuer et d’une sensation d’évacuation incomplète. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Le bon repère est donc votre fonctionnement habituel. Une personne qui va naturellement à la selle tous les deux jours sans douleur ni effort n’a pas nécessairement de problème. À l’inverse, continuer à aller aux toilettes quotidiennement mais devoir pousser longtemps pour évacuer des selles très dures peut correspondre à une constipation.
Il n’est donc pas nécessaire de chercher à obtenir absolument une selle chaque jour.
Pourquoi la grossesse peut-elle ralentir le transit ?
Il n’existe pas une seule cause de constipation pendant la grossesse. Plusieurs mécanismes peuvent s’additionner.
Les changements hormonaux
La grossesse s’accompagne notamment d’une augmentation de la progestérone. Son action sur les muscles lisses peut ralentir la motricité digestive. Le contenu intestinal avance alors plus lentement et les selles peuvent devenir plus difficiles à évacuer.
Ce mécanisme explique notamment pourquoi une constipation peut apparaître très tôt dans la grossesse, alors que le volume de l’utérus est encore relativement faible. Le NHS indique également que les modifications hormonales peuvent provoquer une constipation dès le début de la grossesse. (nhs.uk)
Le ventre qui évolue
Plus tard dans la grossesse, les modifications anatomiques et la compression exercée dans l’abdomen peuvent également participer au ralentissement du transit. L’Assurance Maladie cite notamment la compression du côlon comme l’un des facteurs pouvant favoriser la constipation en fin de grossesse. (Ameli)
Cela ne signifie pas que le bébé « bloque l’intestin ». Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une combinaison de modifications physiologiques plutôt que d’une obstruction mécanique.
L’alimentation peut changer
Les habitudes alimentaires sont parfois complètement bouleversées au début de la grossesse.
Les nausées peuvent conduire à manger moins de légumes, de fruits ou de légumineuses, à privilégier temporairement des aliments plus simples et pauvres en fibres, ou à diminuer les quantités consommées.
Les vomissements peuvent également diminuer les apports hydriques.
Si vous êtes concernée, notre guide Confort Enceinte consacré aux nausées et vomissements pendant la grossesse complète utilement cette partie.
On bouge parfois moins
Fatigue, douleurs, nausées, travail ou inconfort peuvent réduire le niveau d’activité quotidien. Or l’activité physique participe au fonctionnement normal du transit.
Cela ne signifie pas qu’il faut faire du sport pour « débloquer » une constipation. Une marche régulière et les mouvements du quotidien peuvent déjà participer à la prévention.
Si vous souhaitez savoir ce qui est recommandé pendant une grossesse normale, consultez également notre guide « Activité physique enceinte : combien bouger et quels sports choisir ? ».
Certains médicaments et compléments peuvent constiper
Le fer est probablement l’exemple le plus connu, mais d’autres médicaments peuvent également modifier le transit.
Si votre constipation apparaît après l’introduction d’un traitement ou d’un complément, signalez-le au professionnel qui vous suit.
Ne supprimez pas seule un médicament ou un complément prescrit sous prétexte qu’il pourrait être responsable de la constipation. Dans certaines situations, le bénéfice du traitement est important et une adaptation de la forme, de la dose ou de la prise peut être préférable à son arrêt. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Que faire en premier contre la constipation enceinte ?
Les recommandations convergent vers une approche progressive.
Avant d’envisager un médicament, on cherche généralement à corriger les facteurs modifiables : alimentation, hydratation, mouvement et habitudes aux toilettes.
L’Assurance Maladie recommande notamment les fibres, une hydratation régulière, l’activité physique lorsqu’elle est possible et de répondre à l’envie d’aller à la selle. Les recommandations britanniques suivent la même logique avant de proposer un traitement médicamenteux. (Ameli)
1. Augmenter progressivement les fibres
Les fibres contribuent à augmenter le volume des selles, à retenir de l’eau et, selon leur nature, à modifier leur consistance et le fonctionnement du transit.
On en trouve notamment dans :
- les légumes ;
- les fruits entiers ;
- les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots, pois cassés ;
- les céréales complètes ;
- le pain complet ;
- l’avoine ;
- certains fruits secs ;
- les noix et autres oléagineux ;
- les graines.
Mais « manger beaucoup de fibres » n’est pas synonyme de « manger le maximum de fibres dès demain ».
Une augmentation brutale peut provoquer davantage de gaz, de ballonnements et d’inconfort. L’Assurance Maladie recommande donc une progression sur plusieurs jours plutôt qu’un changement massif du jour au lendemain. (Ameli)
Si votre alimentation actuelle contient peu de fibres, commencez par modifier un ou deux éléments : remplacer une partie des céréales raffinées par des versions complètes, ajouter une portion de légumes ou introduire progressivement une légumineuse bien tolérée.
L’objectif n’est pas de transformer chaque repas en « traitement contre la constipation ».
2. Boire régulièrement
Les fibres fonctionnent mieux lorsqu’un apport hydrique suffisant les accompagne.
En France, l’Assurance Maladie recommande en général au moins 1,5 litre de liquide par jour dans ce contexte, sauf contre-indication médicale particulière. Cette quantité englobe l’eau mais aussi une partie des liquides apportés par l’alimentation, les soupes et d’autres boissons adaptées. (Ameli)
Inutile toutefois de forcer plusieurs litres d’eau supplémentaires en espérant obtenir un effet laxatif immédiat.
Si vous buvez déjà correctement, boire énormément plus ne garantit pas de résoudre la constipation. L’objectif est surtout d’éviter une hydratation insuffisante.
Lorsque des nausées ou des vomissements rendent les boissons difficiles, fractionner les prises en petites quantités peut être plus confortable.
3. Continuer à bouger lorsque c’est possible
La marche et une activité physique régulière peuvent participer au fonctionnement du transit.
Pour une grossesse normale sans contre-indication, l’activité physique adaptée est encouragée par les recommandations françaises et internationales et fait partie des mesures pouvant contribuer à réduire la constipation. (Ameli)
Mais cette recommandation doit rester proportionnée.
Il n’est pas nécessaire de commencer une activité intense uniquement parce que vous êtes constipée. Une promenade, des déplacements réguliers ou le fait de rompre les longues périodes assises peuvent déjà être intéressants.
Si un médecin ou une sage-femme vous a demandé de réduire ou modifier votre activité, cette consigne individuelle prime sur les conseils généraux.
La routine aux toilettes compte plus qu’on ne le pense
La constipation n’est pas uniquement une question d’alimentation.
Certaines habitudes peuvent rendre l’évacuation inutilement difficile.
Ne pas retenir systématiquement l’envie
Lorsque l’envie apparaît et que les conditions le permettent, essayez d’aller aux toilettes plutôt que de la repousser pendant plusieurs heures.
L’Assurance Maladie conseille notamment d’y aller lorsque le besoin se présente et évoque également l’intérêt d’une routine après un repas, moment où l’activité du côlon augmente naturellement. (Ameli)
Il ne s’agit toutefois pas de rester vingt minutes assise à attendre quelque chose qui ne vient pas.
Utiliser éventuellement un petit marchepied
Poser les pieds sur un support stable peut permettre d’adopter une position plus confortable et faciliter le passage des selles chez certaines personnes.
Le NIDDK et l’Assurance Maladie citent tous deux l’utilisation possible d’un support sous les pieds. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Le marchepied ne traite évidemment pas la cause de la constipation. Il améliore simplement la position d’évacuation.
Éviter de pousser longtemps
Rester longtemps aux toilettes à pousser fortement n’est pas une bonne solution à un transit ralenti.
Les efforts répétés peuvent notamment favoriser ou aggraver l’inconfort lié aux hémorroïdes et solliciter davantage la région périnéale.
Respirez normalement, évitez de bloquer longtemps votre respiration et revenez plus tard si rien ne se passe plutôt que de transformer chaque passage aux toilettes en effort maximal.
Pour mieux comprendre les questions de pression et de récupération du plancher pelvien, notre article « Périnée après l’accouchement : récupération, rééducation, fuites, douleurs et reprise du quotidien » apporte des repères complémentaires.
Pruneaux : utiles ou simple remède de grand-mère ?
Les pruneaux ont une réputation ancienne contre la constipation, mais ils ne relèvent pas uniquement du folklore.
Ils apportent des fibres et peuvent être intégrés à une alimentation équilibrée. Certaines personnes les trouvent utiles, d’autres beaucoup moins.
Vous pouvez donc en consommer pendant la grossesse s’ils sont bien tolérés et s’ils respectent les règles habituelles d’hygiène alimentaire.
Il n’est pas nécessaire d’en manger de grandes quantités. Une quantité excessive peut augmenter gaz, ballonnements ou selles très molles.
L’intérêt réside davantage dans la régularité et l’équilibre global de l’alimentation que dans l’existence d’un aliment « miracle ».
Graines de chia, graines de lin et autres graines : faut-il en ajouter ?
Les graines peuvent contribuer aux apports en fibres, mais elles ne sont pas indispensables.
Leur principal piège consiste à en ajouter soudainement une grande quantité à une alimentation déjà modifiée en parallèle par des céréales complètes, des légumineuses et des fruits secs.
Le résultat peut être une augmentation spectaculaire des fibres en quelques jours et beaucoup plus de ballonnements.
Si vous souhaitez en consommer, introduisez-les progressivement et accompagnez les aliments riches en fibres d’une hydratation suffisante.
Il n’est pas nécessaire de multiplier les « superaliments » pour obtenir un transit normal.
Et le psyllium pendant la grossesse ?
Le psyllium, également appelé ispaghul, appartient à la famille des laxatifs de lest.
Il absorbe de l’eau et augmente le volume des selles. Les recommandations professionnelles britanniques classent les laxatifs de lest parmi les options généralement envisagées en première intention lorsqu’un traitement devient nécessaire pendant la grossesse. L’Assurance Maladie cite également le psyllium parmi les laxatifs de lest pouvant être prescrits. (Ameli)
Cela ne signifie pas qu’il faille en acheter systématiquement dès les premiers jours de constipation.
Le psyllium doit être pris avec une quantité de liquide adaptée et peut ne pas convenir à toutes les situations, notamment si vous avez certaines maladies digestives ou des difficultés de déglutition.
Demandez conseil si vous envisagez de l’utiliser pendant la grossesse.
Exemple d’une progression sur quelques jours
Plutôt que de modifier tout votre quotidien le même matin, il peut être plus simple d’agir progressivement.
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Situation |
Premier ajustement possible |
À éviter |
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Alimentation pauvre en fibres |
Ajouter progressivement légumes, fruits, céréales complètes ou légumineuses |
Doubler brutalement toutes les fibres |
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Boissons irrégulières |
Répartir l’eau dans la journée |
Boire plusieurs litres supplémentaires d’un coup |
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Journée très sédentaire |
Marches courtes et changements de position si autorisés |
Commencer un sport intense uniquement pour le transit |
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Envie régulièrement retenue |
Aller aux toilettes lorsque l’envie apparaît |
Attendre systématiquement plusieurs heures |
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Selles difficiles à évacuer |
Position confortable, éventuellement marchepied |
Pousser longtemps et fortement |
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Constipation persistante |
Demander conseil au pharmacien, à la sage-femme ou au médecin |
Empiler plusieurs laxatifs |
L’intérêt de cette progression est aussi de savoir ce qui fonctionne réellement. Si vous changez simultanément dix éléments, vous ne saurez plus ce qui améliore ou aggrave votre confort.
Quand les mesures alimentaires ne suffisent-elles plus ?
Une constipation qui ne s’améliore pas malgré des mesures simples n’est pas un échec.
Il existe plusieurs familles de laxatifs et certaines sont utilisées pendant la grossesse.
Le point important est qu’elles ne fonctionnent pas de la même façon.
Les laxatifs de lest
Ils augmentent le volume des selles en retenant de l’eau. Le psyllium en fait partie.
Les recommandations professionnelles britanniques les placent généralement en première ligne lorsqu’un laxatif est nécessaire. (SPS - Specialist Pharmacy Service)
Les laxatifs osmotiques
Ils augmentent la quantité d’eau présente dans l’intestin ou dans les selles.
Le macrogol et le lactulose font partie des exemples couramment utilisés. Le Specialist Pharmacy Service britannique les place après les laxatifs de lest dans son approche progressive. L’Assurance Maladie indique également que des laxatifs osmotiques comme le macrogol ou le lactulose peuvent être prescrits pendant la grossesse lorsque nécessaire. (Ameli)
Certaines molécules de cette famille sont très peu absorbées par l’organisme, ce qui limite l’exposition générale. Mais cette propriété ne doit pas être généralisée à tous les laxatifs existants. (MotherToBaby)
Les laxatifs stimulants
Ils stimulent davantage la motricité intestinale.
Ils peuvent être utiles dans certaines situations mais ne constituent généralement pas la première étape de l’automédication pendant la grossesse.
Les données de la revue Cochrane disponible sont limitées : elle ne comptait que quelques études anciennes et de faibles effectifs. Les laxatifs stimulants semblaient parfois plus efficaces que les laxatifs de lest, mais au prix de davantage d’inconfort abdominal ou de diarrhée. Les auteurs insistent surtout sur le manque de données solides permettant de comparer correctement toutes les stratégies chez la femme enceinte. (Cochrane)
Les suppositoires et traitements locaux
Ils ont également leur place dans certaines situations, mais leur utilisation dépend des symptômes et de la réponse aux traitements précédents.
L’approche raisonnable n’est donc pas de chercher « le laxatif le plus puissant », mais l’option suffisante la plus adaptée à votre situation.
Les laxatifs sont-ils dangereux pour le bébé ?
La réponse ne peut pas se résumer à oui ou non.
La sécurité dépend de la molécule, de sa dose, de la durée de traitement et de la situation.
MotherToBaby rappelle que plusieurs laxatifs couramment utilisés sont peu ou pas absorbés par l’organisme et que certaines expositions fœtales sont donc attendues comme très faibles. L’organisme souligne néanmoins qu’un usage excessif peut provoquer diarrhée, déshydratation ou déséquilibres et recommande de discuter du traitement avec un professionnel. (MotherToBaby)
La base britannique BUMPS/UKTIS indique également que les laxatifs de lest sont couramment utilisés, puis les osmotiques lorsque nécessaire, tandis que les stimulants sont plutôt envisagés lorsqu’une approche précédente n’a pas suffisamment fonctionné. (Bumps)
Autrement dit, « enceinte » ne signifie pas « aucun laxatif possible », mais « traitement raisonné et adapté ».
Le fer : faut-il l’arrêter si l’on est constipée ?
Non, pas de votre propre initiative.
Les suppléments de fer peuvent provoquer ou accentuer une constipation chez certaines personnes. Ils peuvent également rendre les selles plus foncées.
Mais lorsqu’un professionnel vous a prescrit du fer, il existe généralement une raison : déficit, anémie ou prévention dans une situation particulière.
Si votre constipation est apparue ou s’est fortement aggravée après le début du traitement, expliquez-le au professionnel qui suit votre grossesse.
Selon la situation, il pourra vérifier :
- si le fer est toujours nécessaire ;
- si la dose est adaptée ;
- si une autre présentation est envisageable ;
- ou si la constipation doit simplement être prise en charge parallèlement.
Le bon réflexe est donc « signaler et adapter si nécessaire », et non « arrêter seule ». (nhs.uk)
Selles noires sous fer : quand faut-il s’inquiéter ?
Le fer peut rendre les selles très foncées ou noires et cet effet est fréquent.
En revanche, des selles véritablement goudronneuses, collantes, inhabituelles, surtout si elles s’accompagnent de douleur, faiblesse, malaise ou sang, peuvent évoquer un saignement digestif et doivent être évaluées.
MedlinePlus distingue ainsi les selles simplement foncées sous supplémentation en fer des selles noires d’aspect goudronneux pouvant correspondre à un saignement digestif. (MedlinePlus)
En cas de doute, ne tentez pas de déterminer seule l’origine uniquement à partir de la couleur.
Constipation, fissure anale et hémorroïdes
Les selles dures et les efforts prolongés peuvent favoriser ou aggraver les hémorroïdes.
La constipation peut également favoriser une fissure anale, petite lésion située au niveau de l’anus et souvent douloureuse au passage des selles.
L’Assurance Maladie cite les hémorroïdes et les fissures parmi les conséquences pouvant être favorisées par la constipation pendant la grossesse. (Ameli)
Un peu de sang rouge vif sur le papier peut parfois provenir d’une fissure ou d’une hémorroïde.
Mais il ne faut pas conclure automatiquement que tout saignement vient de là.
Un saignement important, répété, inexpliqué ou associé à d’autres symptômes mérite un avis médical.
Reflux et constipation peuvent-ils apparaître en même temps ?
Oui.
La grossesse peut modifier plusieurs parties du fonctionnement digestif simultanément. Une personne peut donc avoir à la fois un transit ralenti, des ballonnements et des remontées acides.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’un problème provoque l’autre.
Évitez surtout de construire une alimentation très restrictive pour tenter de traiter simultanément tous les symptômes.
Pour les brûlures et remontées acides, consultez notre guide « Brûlures d’estomac enceinte : pourquoi le reflux augmente pendant la grossesse et comment le soulager sans risque ».
Constipation au travail : un problème parfois très concret
Certaines constipations sont entretenues par le quotidien plus que par l’alimentation.
Il est par exemple difficile de répondre à l’envie d’aller aux toilettes lorsqu’on enchaîne les rendez-vous, travaille en caisse, conduit plusieurs heures, porte un uniforme difficile à retirer ou dispose de peu de pauses.
Se retenir systématiquement peut participer au problème.
Boire moins volontairement afin d’éviter les toilettes est également une mauvaise stratégie.
Si votre travail devient plus difficile à gérer pendant la grossesse, notre dossier « Grossesse au travail : fatigue, pauses, posture et droits pour mieux tenir la journée » explique comment distinguer adaptation de confort, organisation du travail et situations nécessitant une évaluation professionnelle.
Les erreurs les plus fréquentes
Passer brutalement de très peu à énormément de fibres
Cela augmente souvent ballonnements et gaz avant d’améliorer quoi que ce soit.
Progressez.
Boire des quantités extrêmes
Une hydratation correcte est utile. Une surconsommation massive d’eau n’est pas un traitement accéléré de la constipation.
Chercher un aliment miracle
Pruneaux, kiwi, graines, céréales ou eau particulière peuvent être utiles chez certaines personnes, mais aucun aliment ne compense à lui seul un ensemble d’habitudes défavorables.
Multiplier les laxatifs
Associer plusieurs produits sans comprendre leur mécanisme augmente surtout le risque de diarrhée et d’effets indésirables.
Penser que « naturel » signifie « sans risque »
Plantes, huiles essentielles, tisanes concentrées et préparations végétales peuvent contenir des substances pharmacologiquement actives.
La grossesse est justement une période où il faut se méfier de l’équation « naturel = automatiquement sûr ».
Arrêter un médicament prescrit
Le fer est l’exemple classique, mais le principe vaut pour tous les traitements.
Parlez-en avant de modifier.
Forcer tous les jours
Une longue séance de poussées ne rééduque pas le côlon et peut aggraver hémorroïdes et inconfort périnéal.
Le café peut-il aider à aller aux toilettes ?
Chez certaines personnes, le café stimule effectivement le réflexe gastro-colique et peut déclencher l’envie d’aller à la selle.
Mais il ne constitue pas un traitement de la constipation et il ne faut pas augmenter sa consommation dans ce but pendant la grossesse.
La caféine apportée par l’ensemble de la journée doit être prise en compte : café, thé, cola, chocolat et autres produits peuvent s’additionner.
Les seuils publiés varient quelque peu selon les autorités : l’Assurance Maladie française cite actuellement une limite de 300 mg par jour, tandis que le NHS britannique recommande de rester à 200 mg ou moins. Cette différence est une raison supplémentaire de ne pas utiliser le café comme stratégie laxative. (Ameli)
Comment savoir si les mesures commencent à fonctionner ?
L’objectif n’est pas nécessairement de passer de trois selles hebdomadaires à une selle quotidienne.
Cherchez plutôt une évolution qualitative :
- selles moins dures ;
- moins d’effort ;
- évacuation plus confortable ;
- diminution de la sensation de blocage ;
- fréquence qui se rapproche de votre rythme habituel ;
- moins de douleurs ou de ballonnements liés à l’accumulation.
Un changement progressif est parfaitement acceptable.
Quand demander conseil à un professionnel ?
Demandez l’avis de votre sage-femme, de votre médecin ou d’un pharmacien si :
- les mesures simples ne suffisent pas ;
- la constipation persiste ou revient constamment ;
- elle devient douloureuse ;
- vous avez besoin de pousser fortement à chaque selle ;
- vous pensez qu’un médicament ou un complément en est responsable ;
- vous envisagez de commencer un laxatif ;
- vous prenez déjà régulièrement des laxatifs ;
- vous avez une maladie digestive connue ;
- vous avez déjà subi une intervention digestive ;
- vous avez des hémorroïdes ou une fissure très douloureuse ;
- vous êtes inquiète malgré l’absence de signe d’urgence.
Un professionnel pourra également vérifier que le diagnostic de constipation est le bon et qu’un autre problème ne nécessite pas une prise en charge différente.
Quand consulter rapidement ?
Certaines situations ne doivent pas être gérées uniquement par des fibres et un verre d’eau supplémentaire.
Demandez rapidement un avis médical en cas de :
- douleur abdominale importante, persistante ou inhabituelle ;
- ventre très distendu accompagné d’un état inhabituel ;
- vomissements persistants ;
- impossibilité d’émettre à la fois des selles et des gaz ;
- fièvre ;
- malaise ou faiblesse importante ;
- saignement digestif important ;
- selles noires et goudronneuses sans explication évidente ;
- constipation associée à une dégradation nette de votre état général.
Le NIDDK cite notamment la douleur abdominale constante, les vomissements, la fièvre, l’impossibilité d’émettre des gaz et le saignement parmi les situations dans lesquelles une constipation doit être évaluée rapidement. (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
Pendant la grossesse, ajoutez à cette liste les signes obstétricaux pour lesquels votre maternité vous a demandé de consulter : saignement vaginal, perte de liquide, contractions inhabituelles ou autre symptôme qui vous inquiète.
Un problème digestif ne doit jamais faire ignorer un symptôme potentiellement lié à la grossesse.
FAQ : constipation pendant la grossesse
La constipation peut-elle commencer dès le premier trimestre ?
Oui. Les modifications hormonales peuvent ralentir le transit très tôt, avant même que la taille de l’utérus ait suffisamment augmenté pour exercer une pression importante sur les organes digestifs. (nhs.uk)
Est-ce normal de ne pas aller à la selle tous les jours ?
Oui. Il n’est pas nécessaire d’avoir une selle quotidienne pour avoir un transit normal. La consistance des selles, la difficulté à les évacuer et le changement par rapport à votre fonctionnement habituel sont plus utiles que la recherche d’une fréquence parfaite.
Les pruneaux sont-ils autorisés enceinte ?
Oui, comme aliment, dans le cadre d’une alimentation équilibrée et selon votre tolérance. Ils apportent des fibres mais ne sont pas un traitement obligatoire ni miraculeux.
Le kiwi peut-il aider ?
Le kiwi apporte des fibres et peut faire partie d’une alimentation favorable au transit. Il n’est cependant pas nécessaire d’en consommer spécifiquement si vous n’aimez pas ce fruit ou s’il est mal toléré.
Peut-on prendre du psyllium enceinte ?
Le psyllium fait partie des laxatifs de lest utilisés pendant la grossesse. Une hydratation suffisante est nécessaire et il reste préférable d’en parler à un professionnel, notamment si vous prenez d’autres médicaments ou avez une maladie digestive. (SPS - Specialist Pharmacy Service)
Puis-je prendre un laxatif enceinte ?
Certains laxatifs peuvent être utilisés pendant la grossesse. Le choix se fait progressivement en fonction du type de constipation, de la réponse aux mesures alimentaires et de votre situation. Demandez conseil avant de commencer un traitement. (Ameli)
Le macrogol peut-il être utilisé pendant la grossesse ?
Le macrogol fait partie des laxatifs osmotiques cités dans les recommandations professionnelles comme option possible lorsque les mesures précédentes ne suffisent pas. Cela ne dispense pas de demander conseil pour vérifier qu’il correspond à votre situation. (Ameli)
Le lactulose peut-il être utilisé enceinte ?
Le lactulose est également cité parmi les laxatifs osmotiques pouvant être envisagés pendant la grossesse lorsque cela est nécessaire. La dose et la durée doivent rester adaptées au besoin. (SPS - Specialist Pharmacy Service)
Le fer constipe-t-il toujours ?
Non. Certaines personnes le tolèrent très bien et d’autres développent une constipation ou un inconfort digestif. Si le problème apparaît après son introduction, parlez-en plutôt que de l’arrêter seule.
Une selle noire est-elle forcément inquiétante ?
Non. Les compléments de fer peuvent foncer fortement les selles. En revanche, des selles véritablement goudronneuses, très inhabituelles ou accompagnées de douleur, malaise ou saignement doivent être évaluées. (MedlinePlus)
Est-ce dangereux de pousser quand on est enceinte ?
Une poussée ponctuelle pour aller à la selle n’est pas en elle-même un signe de danger pour la grossesse. En revanche, devoir pousser fortement et longtemps de manière répétée signale que la constipation mérite d’être corrigée et peut favoriser hémorroïdes, fissures et inconfort du périnée.
Le café peut-il débloquer le transit ?
Il stimule l’intestin chez certaines personnes, mais il ne constitue pas un traitement. Il ne faut pas augmenter sa consommation de caféine dans ce but pendant la grossesse.
Boire beaucoup plus d’eau suffit-il ?
Pas forcément. Corriger une hydratation insuffisante est utile, particulièrement lorsque l’alimentation contient davantage de fibres. Mais boire des volumes excessifs ne corrige pas nécessairement une constipation dont les causes sont multiples.
Les hémorroïdes peuvent-elles être provoquées par la constipation ?
La constipation et les poussées répétées peuvent favoriser ou aggraver les hémorroïdes. Préserver des selles plus souples fait donc partie de la prévention. (Ameli)
Dois-je consulter si cela dure plusieurs semaines ?
Oui, surtout si la constipation persiste malgré les adaptations, devient douloureuse, nécessite régulièrement un laxatif ou s’accompagne d’autres symptômes. Une constipation durable mérite une évaluation individualisée.
À retenir
La constipation pendant la grossesse est fréquente et généralement multifactorielle.
Le premier réflexe n’est pas de chercher le laxatif le plus fort, mais de vérifier progressivement les éléments sur lesquels vous pouvez agir : alimentation suffisamment riche en fibres, hydratation régulière, activité adaptée, réponse à l’envie d’aller aux toilettes et position confortable.
Augmentez les fibres progressivement afin d’éviter de remplacer la constipation par des ballonnements importants.
Si un traitement comme le fer semble participer au problème, n’interrompez pas seule ce qui vous a été prescrit : demandez si une adaptation est possible.
Lorsque ces mesures ne suffisent pas, plusieurs laxatifs peuvent être utilisés pendant la grossesse dans des situations adaptées. Votre pharmacien, votre sage-femme ou votre médecin peut vous aider à choisir la stratégie la plus appropriée.
Enfin, une douleur importante, des vomissements, une impossibilité d’émettre des gaz, une fièvre, un saignement conséquent ou des symptômes obstétricaux inhabituels sortent du cadre de la simple constipation et justifient un avis médical.
À lire aussi sur Confort Enceinte
- Nausées et vomissements pendant la grossesse : que faire et quand consulter ?
- Brûlures d’estomac enceinte : pourquoi le reflux augmente pendant la grossesse et comment le soulager sans risque
- Activité physique enceinte : combien bouger et quels sports choisir ?
- Grossesse au travail : fatigue, pauses, posture et droits pour mieux tenir la journée
- Périnée après l’accouchement : récupération, rééducation, fuites, douleurs et reprise du quotidien
Sources et bibliographie
Assurance Maladie — « Nausées, vomissements, remontées acides et constipation lors de la grossesse », mise à jour le 19 juin 2026. (Ameli)
Assurance Maladie — « Constipation de l’adulte : que faire et quand consulter ? ». (Ameli)
NHS — « Common health problems in pregnancy: constipation ». (nhs.uk)
NHS Specialist Pharmacy Service — « Constipation: treatment during pregnancy ». (SPS - Specialist Pharmacy Service)
UK Teratology Information Service / BUMPS — « Constipation / Senna », version mise à jour en mars 2026. (Bumps)
MotherToBaby — « Laxatives », mise à jour le 1er avril 2026. (MotherToBaby)
Rungsiprakarn P. et al. — « Interventions for treating constipation in pregnancy », Cochrane Database of Systematic Reviews. Les données disponibles restent limitées et reposent sur peu d’essais et de participantes. (Cochrane)
National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases — « Symptoms & Causes of Constipation » et « Treatment for Constipation ». (Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales)
American College of Obstetricians and Gynecologists — recommandations sur l’activité physique et la constipation pendant la grossesse. (ACOG)
Article d’information générale. Il ne remplace pas une consultation ni les recommandations personnalisées de votre médecin, de votre sage-femme, de votre pharmacien ou de votre maternité.
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